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Le n° 13 de Sonatura

 
 
 
 

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Clameurs d'amour à Tronçais Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Odile et André BOUCHER   
19-11-2007

"Play Sound" (Mini-MP3-Player 1.2 ©Ute Jacobi)

   23 septembre 2005, forêt de Tronçais.

Ce brame envoûtant, dans la nuit des bois, attire beaucoup d'amateurs d'émotions.
Il y a les indisciplinés qui foncent en voiture dans les zones protégées (l'amende va tomber). Ils ont dérangé la faune, n'ont pas entendu grand chose. Qu'importe, ils ont promené leur 4X4. Ces excès de dérangement peuvent compromettre la reproduction.
Beaucoup se veulent sérieux et discrets. Mais allez rester discret avec une voiture : Démarreur, moteur, crissement des pneus sur le chemin de terre… Celle-là est partie... Et la lueur là-bas ? C'est une autre voiture qui vient, tout doucement ; ces observateurs sages sont encore bien trop bruyants pour le preneur de son.
Plus tard, un groupe de jeunes gens, sympathiques mais ignorant les règles élémentaires de l’observation animalière, part à grands pas en fumant et en bavardant. La zone est évidemment désertée par les cerfs. Après une bonne heure, les voici de retour auprès de leurs voitures, avec cette réflexion : « Mais, il n'y a rien dans cette forêt ! ».
Attendons... 02 h, 03 h, le calme se fait peu à peu. Ne restent que les irréductibles. Faisant quelques pas dans la nuit obscure pour déplacer un peu nos micros, je découvre quelques observateurs tapis dans les bouquets de fougères, immobiles. J'ai presque honte de les déranger ; voilà, comme nous, cinq heures qu'ils attendent, aussi discrètement que possible. Ceux-là vont profiter du concert.
Le calme se fait. Biches et cerfs se rapprochent, pas trop cependant, car si l'on peut se cacher, il est plus difficile de ne pas émettre d’odeur et le cerf a l'odorat fin.
Brames et échos résonnent de toute part, un petit grillon des bois est lui aussi en manque de femelle, Chouettes hulottes mâle et femelle se poursuivent. Les oreilles fines pourront se réjouir des stridulations quasi permanentes de... (De qui, au fait ? Pouvez-vous nous aider) dont la fréquence de fondamentale avoisine les 13 000 Hz.
Dans la dernière minute, qui vient fourrager dans les feuilles ? Peut-être quelques sangliers ?

Chaque cerf est reconnaissable à sa voix, sa hauteur, son timbre. On dit que ceux dont la voix est la plus profonde seraient les plus anciens. Est-ce si sûr ? Pourquoi n'y aurait-il pas chez les cerfs, indépendamment de l'âge, des ténors, des barytons, des basses ? Toujours est-il que l'on peut reconnaître, dans cette plage, plusieurs cerfs dont les voix sont très différentes. Cela se voit également sur le sonogramme comme sur une portée musicale (horizontalement, le déroulement du temps - verticalement, la portée musicale traduite ici en fréquences, de 80 à 5 000Hz). La couleur rouge correspond à l'intensité maximale émise.
Le sonogramme visualise la voix de deux cerfs :
L'image de gauche est le brame modulé d'un cerf intervenant vers 0mn40s. Sa voix contient des harmoniques jusque vers 4 000 Hz.
L'image centrale est celle d'un autre animal, émettant un brame de forme musicale assez semblable (vers 6mn40s), mais son système vocal ne lui permet guère d'émettre des sons au-delà de 500 Hz, même s'il crie très fort (image de droite 7mn38s).

       André & Odile Boucher
Dernière mise à jour : ( 16-05-2008 )
 
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